Et si on repensait la maladie et les symptômes associés dans l’ordre inverse de leur apparition ?
« La maladie est d’abord générale, profonde et humorale, avant de devenir locale, tissulaire et organique », écrivait Pierre-Valentin Marchesseau dans toute sagesse
La maladie nait sous une forme humorale…
Ce qu’Hippocrate nommait « humeurs », représente les liquides dans lesquels baignent nos cellules : le sang, la lymphe et les sérums intra et extra cellulaires.
Ces liquides :
- alimentent les cellules en oxygène et en nutriments (glucose, acide aminés, acides gras, vitamines, oligoéléments);
- transportent les éléments fabriqués par notre organisme : hormones, enzymes, anticorps, neurotransmetteurs ; et
- éliminent les déchets issus du métabolisme digestif et cellulaire.
L’encrassement humoral résulte de 3 types de déchets :
- les déchets issus de la digestion
- les déchets issus de l’activité cellulaire et
- les déchets issus de substances chimiques (médicaments).
Les déchets colloïdaux non solubles (issus essentiellement des amidons et des graisses saturées) saturent la lymphe. Ils s’extériorisent par des crachats, glaires, mucosités abondantes, faisant le lit des infections ORL.
Les déchets cristalloidaux solubles (issus essentiellement des protéines animales et végétales en excès et des faux aliments) stagnent dans le sang. L’excès d’acides et de cristaux peut se manifester par de l’inflammation, de l’arthrite, de l’eczéma sec.
Les émonctoires (portes de sorties naturelles de l’organisme) sont chargés d’éliminer les déchets de l’organisme sous forme d’urine, de matières fécales, de glaires et de transpiration :
- les intestins, les reins et les glandes sudoripares de la peau éliminent les déchets cristalloidaux (urée, urine, sueur)
- les intestins (avec le couple foie-vésicule biliaire), les poumons et les glandes sébacées de la peau éliminent les déchets colloidaux (cholestérol, bile, glaires)
Ces surcharges stagnent dans les humeurs, s’accumulent dans les cellules, obstruent certains canaux, ou se déposent dans les tissus. Les liquides humoraux s’épaississent et circulent plus lentement, ce qui diminue l’irrigation des tissus, les échanges cellulaires et l’oxygénation.
À ce stade, on parle de « stase », « glaires », « œdème », « calcul », « cristaux », « calcification », « prurit », « acidité », « obstruction », « congestion », « allergie » ou d ’« inflammation articulaire, musculaire ou digestive ».
Nous disposons de 100 000 km de « canalisations » (totalité des capillaires, veines et artères : autoroutes, routes secondaires, petites routes sinueuses, avec coudes, montées, descentes et « marécages »), soit 2 fois et demi le tour de la terre !
Pour un organisme au repos, le cœur pompe environ 5L de sang par minute (soit environ la totalité du sang), tandis que le débit de la lymphe (8-10L) qui vient se jeter dans le sang en dernier lieu, est d’environ 2/3L par jour (sachant que le système lymphatique n’a pas de pompe proprement dite. Il fonctionne grâce à la respiration et à la contraction des muscles squelettiques et des vaisseaux lymphatiques).
C’est ce qui fait dire à Marchesseau que les troubles affectant la lymphe conduisent à des maladies plus profondes que les troubles affectant le sang : maladies de surface.
Suralimentation et aliments transformés sont les principales causes de l’encrassement humoral.
En se surchargeant (excès de cholestérol, acide urique), le corps s’intoxique et se carence.
La liste des conséquences associées à l’encrassement humoral est longue et digne d’un inventaire à la Prévert :
- le transit est ralenti (constipation : auto intoxication) et/ou accéléré (diarrhée : pertes de nutriments, carences)
- l’assimilation des nutriments est amoindrie (perméabilité intestinale et dysbiose)
- fragments bactériens et molécules alimentaires non digérées passent dans le sang (porosité intestinale), stimulant le système immunitaire de façon chronique et anarchique
- les émonctoires intestins-foie et reins sont affaiblis dans leurs fonctions
- les réactions métaboliques nécessitant la présence de vitamines et minéraux, comme cofacteur et coenzymes, sont entravées ;
- la transformation du glucose en énergie est altérée
- la digestion des graisses est altérée (manque de bile), l’assimilation des vitamines liposolubles et acides gras est réduite, ce qui impacte la production de bile, la production de vitamine D et la synthèse des hormones stéroïdiennes
- la synthèse protéique n’est pas optimale, ce qui impacte la masse musculaire mais aussi la production d’anticorps, d’enzymes, de neurotransmetteurs et d’hormones protidiques, avec à terme, la survenance de troubles d’ordre digestif, hormonal, immunitaire, psycho émotionnel
- les faux aliments (café, thé, alcool, sucre raffiné) réduisent l’absorption de certaines vitamines et minéraux (fer, calcium, vitamines du groupe B, vitamine C et D notamment) par chélation ou perte d’eau (via l’urine)
- les minéraux des os, dents, ongles, cheveux sont déstockées pour neutraliser l’excès d’acides (sucres raffinés, excès de protéines animales, faux aliments)
- la production de vitamines produites dans le gros intestin (vitamines B et K) est altérée
- les cellules moins bien alimentées se nécrosent ou se dérèglent et prolifèrent de manière désordonnée…
En situation d’équilibre, le système nerveux parasympathique favorise la digestion, l’élimination, la réparation et la guérison.
Lorsque la saturation humorale atteint un seuil critique, l’organisme perçoit cette accumulation comme une menace, il active le système nerveux sympathique et les glandes endocrines pour ouvrir les émonctoires et provoquer l’ « auto-guérison » (ce que Marchesseau appelle la « tempête neuro hormonale »).
Le système nerveux sympathique mobilise l’énergie pour tenter de se « purger » via des réactions de type fièvre, diarrhée, vomissement, sueur abondante, crise d’eczéma ou d’asthme. En naturopathie, on parle de « crises curatives ».
Le rythme cardiaque est augmenté (mobilisation des déchets), les glandes sudoripares sont stimulées (sudation), le métabolisme de base augmente favorisant l’hyperthermie (fièvre) aboutissant à l’évacuation des toxines accumulées.
À ce stade, la maladie est « aiguë » et la vitalité est encore suffisante pour permettre l’auto guérison, ce qui n’est plus le cas lorsque la maladie devient chronique puis lésionnelle.
« La maladie vient du dedans et tout ce qui apparait à la surface du corps (fièvre, diarrhée, glaires, vomissements, éruptions cutanées etc.) est un effort de l’organisme pour guérir ; à nous de la comprendre » Hippocrate.
En ignorant ces symptômes émonctoriels d’auto-défense et en réduisant le corps au silence, la maladie devient organique, prenant la forme d’atteintes chroniques, fonctionnelles puis lésionnelles.
…avant de devenir locale, tissulaire et organique
En cas de saturation humorale et défaillance des organes de drainage, l’organisme dans toute son intelligence, stocke les toxines en périphérie, dans les tissus, loin des organes, mais lorsqu’il est dépassé, un ou plusieurs organes finissent par être affectés dans leur fonctionnement ou dans leur structure (lésions, cancers, maladies dégénératives).
À ce stade, la guérison est longue et laborieuse : la médication est inévitable.
Alors comment accroitre son potentiel nerveux et endocrinien et « faire le plein d’énergie vitale » ? selon PV Marchesseau
- En limitant les surcharges : produits transformés, excès protéiques, excès d’amidons, toxiques environnementaux
- En soutenant les émonctoires (foie-intestins, poumons, reins, peau) : hydrologie (ex : sauna…), bouillotte sur le foie, exercice physique, gymnastique des organes, techniques respiratoires, plantes médicinales, massage naturopathique…
- En stimulant la circulation sanguine et lymphatique : mouvement régulier, hydratation, renforcement musculaire, respiration profonde abdominale, acupression, brossage à sec, massage naturopathique, points de Knapp
- En favorisant le parasympathique : sommeil, contact avec la nature, exposition à la lumière naturelle, cohérence cardiaque, méditation pleine conscience, automassage…
Le système nerveux et les glandes endocrines sont les 2 réservoirs de l’énergie vitale et les organes de distribution de cette même énergie. Le surmenage digestif (surcharges humorales) et émonctoriel combiné au stress chronique épuisent ces réservoirs.
La prévention commence dans l’équilibre biochimique et la libre circulation de nos liquides biologiques.

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