Catégorie : Alimentation

  • Champignons médicinaux : et si les remèdes les plus puissants étaient sous nos pieds ?

    Champignons médicinaux : et si les remèdes les plus puissants étaient sous nos pieds ?

    Utilisés par la médecine traditionnelle depuis plus de 2000 ans pour guérir, renforcer et protéger l’organisme, ce n’est qu’à partir du XXème siècle que la médecine occidentale a sérieusement commencé à s’intéresser aux champignons médicinaux.

    Aujourd’hui les résultats de nombreuses études scientifiques viennent corroborer les bienfaits de la mycothérapie, tels qu’ils ont été décrits dans la pharmacopée Chinoise.

    Un seul champignon médicinal peut contenir plus de 400 biomolécules actives : bêta-glucanes, terpènes, ergostérol, statines naturelles (lovastatine), acides aminés essentiels, acides gras essentiels : acide alpha-linolénique (oméga 3), acide linoléique (oméga 6), vitamines (B1, B2, B3, B9, B12, C, D, E) et minéraux (potassium, phosphore, magnésium, zinc, fer, sélénium).

    Les champignons n’ont pas seulement un usage médicinal, ils sont aussi de super aliments à la valeur nutritionnelle exceptionnelle !

    Reishi (Ganoderma lucidum), Crinière de lion (Hericium erinaceus), Cordyceps (Cordyceps Sinensis), Champignon du soleil (Agaricius blazei), Polypore (Polyporus Umbellatus), le Maitake (Grifola Frondola) et Shiitaké (Lentinula Edodes) font partie des principaux champignons médicinaux.

    L’immunité, le microbiote, l’oncologie, le système musculo squelettique et la santé mentale et émotionnelle, sont les principales applications de la mycothérapie.

    La particularité des champignons médicinaux réside dans leur action à large spectre : en influant sur l’ensemble des systèmes de l’organisme, les champignons médicinaux agissent comme des modificateurs du terrain, contribuant au maintien de l’homéostasie

    Chaque champignon médicinal possède ses propriétés spécifiques, mais tous ont en commun certains bienfaits.

    Les 5 bienfaits des champignons médicinaux

    Soutien du système immunitaire et augmentation des défenses naturelles

    Les bêta-glucanes des champignons médicinaux sont capables de stimuler efficacement nos défenses naturelles contre les infections bactériennes, les virus, les parasites et autres pathogènes.

    Les champignons médicinaux sont tous immunomodulateurs :

    • ils modulent un système immunitaire hypersensible (allergies) et stimulent un système immunitaire affaibli (infections)
    • ils agissent tant sur le terrain des agressions internes (cancer, infections…), que sur le terrain des agressions externes (allergènes, bactéries, virus, parasites…)
    • ils agissent à chacun des 3 niveaux du système immunitaire :
      • en renforçant les barrières physiques (première ligne de défense) : muqueuses digestives, muqueuses pulmonaires (pour le Cordyceps), microbiote intestinal, microbiote vaginal (indirectement), régénération cellulaire.
      • en stimulant la production des cellules immunitaires impliquées dans la réponse innée (macrophages, cellules NK (« natural killer ») et cellules dendritiques).
      • en induisant la production des cellules immunitaires impliquées dans la réponse adaptative (lymphocytes B et T) et en inhibant ou en activant certaines voies anti ou pro-inflammatoires.

    70% des cellules du système immunitaire sont situées dans la muqueuse intestinale. Les bêta-glucanes influencent indirectement la fonction immunitaire en favorisant la croissance et l’activité des bactéries intestinales bénéfiques.

    Soutien de la digestion et équilibre du microbiote intestinal

    Les champignons médicinaux sont tous riches en polysaccharides et en particulier en bêta-glucanes (l’Hericium ericaneus étant le plus concentré en bêta-glucanes).

    Associés à une bonne hygiène de vie, les bêta-glucanes peuvent avoir des effets positifs au niveau digestif, favorisant un meilleur écosystème intestinal :

    • fibres prébiotiques : les bêta glucanes sont des fibres alimentaires qui nourrissent les bactéries composant notre microbiote intestinal, favorisant la croissance et l’activité des bactéries intestinales bénéfiques ;
    • régulation du transit : les fibres alimentaires solubles ont une action régulatrice sur le transit (diarrhée et constipation) ;
    • régulation de la diversité microbienne du microbiote intestinal : les bêta-glucanes peuvent influencer la diversité des espèces bactériennes du microbiote intestinal. Un microbiote intestinal équilibré est associé à une meilleure santé digestive et à un risque moindre de développer certaines maladies ;
    • régulation de l’inflammation intestinale : les bêta glucanes inhibent certaines voies inflammatoires, participant à la régulation du système immunitaire et au meilleur fonctionnement du système digestif ;
    • restauration de la barrière intestinale :

    L’action combinée des bêta-glucanes, triterpènes, vitamines et minéraux, contribuent :

    • à l’équilibre du microbiote intestinal et donc au fonctionnement normal du système digestif (digestion, assimilation et transit)  
    • à la régénération de la muqueuse gastro-intestinale par :
      • l’augmentation de la production du mucus
      • leurs actions anti-inflammatoire et antioxydante
      • la réduction de l’infiltration des leucocytes et neutrophiles à travers la muqueuse gastro intestinale (Hericium Erinaceus) ; et
      • la réduction de l’infiltration des allergènes alimentaires facteurs d’hypersensibilité

    En améliorant l’intégrité de la paroi intestinale, les bêta-glucanes réduisent la perméabilité intestinale et par la même le risque de développer des maladies associées à une barrière intestinale poreuse (MICI, allergies, auto-immunes maladies neuro dégénératives, cardio-vasculaires et/ou ostéoarticulaires).

    Les bêta-glucanes sont présents dans les champignons comestibles, les algues et certaines céréales (seigle, orge, avoine, riz, mais).

    Les bêta-glucanes fongiques ont des qualités chimiques particulières. Ils ont des liaisons β-(1,3) dans leur chaîne principale et des points de ramification β-(1,6). Des études montrent que cette structure ramifiée est intéressante pour leur action sur le système immunitaire.

    Amélioration de la santé mentale et émotionnelle

    Les champignons médicinaux ont des propriétés adaptogènes. Ils augmentent les capacités de résistance et d’adaptation de l’organisme face au stress (biologique, physique ou chimique), en régulant la réponse au stress, maintenant l’homéostasie.

    Le Reishi, le Cordyceps et la Crinière de lion influent indirectement sur l’axe HHS (Hypothalamo-Hypophyso-Surrénalien) en régulant les systèmes : immunitaire, nerveux et endocrinien. Ils contiennent des acides gras, des phénols et stérols qui améliorent les réactions anaboliques (utilisation du glucose, acides gras et protéines) en phase de récupération.  

    La Crinière de lion agit sur le système nerveux en tant que régénérateur neuronal.

    Le Reishi agit sur le système nerveux par son activité antagoniste du récepteur 5-HT2A, associée à ses effets sur l’humeur et l’anxiété.

    Le Cordyceps, champignon de la production d’énergie sous forme d’ATP et tonique rénal (siège de l’énergie vitale).

    D’une manière générale, les bêta-glucanes exercent une action sur l’axe intestin-cerveau, en agissant à la fois sur le système nerveux et sur le système digestif.

    Amélioration de la santé cardiovasculaire

    Les champignons médicinaux ont tous des effets plus ou moins marqué sur le métabolisme et donc sur certains marqueurs associés à la santé cardiovasculaire : dyslipidémie (cholestérol, et/ou triglycérides élevés), hypertension et obésité.

    Ils sont hypoglycémiants, hypolipidémiants et / ou hypotenseurs. Shitaké et Maitaké en particulier, dont les effets sont documentés dans plusieurs articles scientifiques.

    Soutien oncologique

    La capacité des bêta-glucanes à stimuler les cellules du système immunitaire (macrophages, neutrophiles et cellules NK) a conduit à de nouvelles applications cliniques, pour lesquelles champignons médicinaux sont déjà utilisés comme adjuvants pour améliorer l’efficacité des traitements hospitaliers, notamment en raison de leur potentiel anticancéreux.

    De nombreuses études restent à conduire, certaines soutenant que les bêta-glucanes pourraient prévenir l’oncogenèse et inhiber la croissance et l’expansion des tumeurs.

    Enfin, les bêta-glucanes peuvent potentiellement réduire les effets secondaires de la chimiothérapie en soutenant la fonction immunitaire et en soulageant l’inflammation. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer leur efficacité dans ce contexte.

    Comment les consommer ?

    ✔️En poudre à ajouter à un smoothie ou à d’autres préparations maison froides

    ✔️Frais ou déshydratés dans les préparations maison chaudes

    ✔️En extrait concentrés biologiques mention « β-(1,3) et β-(1,6) Glucanes », pour soutenir le système immunitaire, favoriser l’équilibre du microbiote intestinal, améliorer la santé cardiovasculaire, récupérer en énergie, stimuler les fonctions cognitives ou favoriser un meilleur sommeil.

    ✖️Contre-indications : femmes enceintes et femmes allaitantes (par absence d’études), enfants de moins de 3 ans (législations françaises), allergie aux champignons.

    L’étude Medina a conclu que les compléments alimentaires à base de champignons Hifas Da Terra présentaient une faible possibilité de présenter des interactions médicamenteuses in vivo par inhibition du CYP450 (enzyme du foie).

  • Comment bien choisir son complément oméga 3 (huile de krill) ?

    Comment bien choisir son complément oméga 3 (huile de krill) ?

    Les oméga 3 font partie des acides gras « essentiels » (au même titre que les oméga 6 et les oméga 9). Le corps ne sait pas les fabriquer et un apport alimentaire est nécessaire pour éviter toute carence. 

    Les acides gras jouent un rôle dans le stockage de l’énergie dans l’organisme (sous forme de graisses). Ils servent à la synthèse des lipides, notamment des phospholipides, principal constituant de nos membranes cellulaires.

    Les acides gras insaturés, grâce à leurs liaisons, sont beaucoup mieux métabolisés par l’organisme car légèrement moins stables (à la différence des acides gras saturés).

    Les oméga 9 (acide gras monoinsaturés) sont plus largement répandus dans l’alimentation, que les acides gras polyinsaturés oméga 3 (ALA : acide alpha-linolénique et certains oméga 6 (AL : acide linoléique) contenus dans les huiles de bourrache et d’onagre (contrairement aux graisses TRANS ou raffinées de certaines huiles ou produits transformés).

    Un ratio oméga 6/oméga 3 de 4/1 est recommandé. Un régime déficient en oméga 3 favorisant certaines pathologies de type cardio-vasculaire, inflammatoire et auto immune.  

    Apport alimentaire et recommandations de l’ANSES

    Théoriquement, l’alimentation devrait suffire à combler nos besoins quotidiens en oméga 3 (consommation de petits poissons gras, de type maquereau, sardine, hareng, 2 à 3 fois par semaine).

    À noter que les acides gras oméga 3 d’origine végétale (huiles de lin, caméline, noix…) ne sont convertis en EPA et DHA qu’à hauteur de 5% par notre organisme. Certaines algues en contiennent: le schizochytrium (DHA) et le kelp (EPA), mais aucune source végétale ne semble contenir à la fois du DHA et de l’EPA

    En plus d’être une source directe d’EPA et DHA, les poissons gras contiennent des vitamines (A, D et E) et minéraux (sélénium, zinc, iode) qui contribuent à l’assimilation des oméga 3.

    Malheureusement, les poissons gras sont aussi riches en métaux lourds (méthylmercure, cadmium, dioxines, PCB (polychlorobiphényles), particulièrement les poissons prédateurs (en haut de la chaine alimentaire : requin, espadon, marlin, siki, thon. Les polluants s’accumulant dans les graisses.

    Le label MSC2 (Marine Stewardship Council) garantit un produit de meilleure qualité mais non une faible teneur en polluants. C’est pourquoi l’ANSES recommande de limiter la consommation de poissons gras à 2 fois par semaine (sauf femmes enceintes et enfants de moins de 3 ans, pour qui leur consommation est même déconseillée !).

    Par ailleurs, le mode de cuisson (supérieure à 110°) et le mode de conservation (appertisation /conserves) peuvent considérablement altérer la qualité nutritionnelle des poissons gras.

    Dans ce contexte, on pourrait être tenté d’opter pour la consommation d’oméga 3 sous forme de compléments alimentaires, notamment en cas de certaines problématiques, pour aider à réduire certaines inflammations.

    Toutefois, les oméga 3 (extraits des poissons, krill ou algues) sont fragiles et sujets à l’oxydation aussitôt qu’ils sont exposés à l’air et à la lumière. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il est fortement conseillé de consommer les huiles riches en oméga 3 à froid et de les conserver au réfrigérateur maximum 3 mois après ouverture.

    Le processus de filtration utilisé pour éliminer les polluants lors de la fabrication des compléments alimentaires, requiert souvent de chauffer un peu l’huile, ce qui provoque son oxydation, avant même le conditionnement en gélules.

    L’oxydation fait perdre aux oméga-3 toutes leurs propriétés bénéfiques et au-delà d’un certain niveau d’oxydation, ces acides gras deviennent même toxiques, aboutissant à des effets physiologiques opposés à ceux associés à la consommation d’oméga 3 (baisse cholestérol et amélioration de la santé vasculaire).

    Il convient donc d’opter pour des compléments alimentaires de qualité garantissant un degré d’oxydation faible (indice de peroxydes (AV) < à 5, indice d’anisidine (AV) < à 20 et indice totox idéalement compris entre 1 et 3).

    Comment choisir son complément d’huile de krill?

    L’huile de krill est extraite d’un petit crustacé vivant dans les eaux antarctiques (Euphausia superba).

    Cette huile est naturellement riche en EPA (acide eicosapentaénoïque) et DHA (acide docosahexaénoïque), sous la forme de phospholipides (constituant essentiel de nos membranes cellulaires).

    La teneur en phospholipides varie généralement entre 40 et 56%.

    L’huile de Krill comprend généralement 12-20% d’EPA et 5,5-12% de DHA, soit un ratio optimal de 2 EPA pour un 1 DHA (2 :1).

    Les huiles issues des produits Superba et NKO sont d’excellente qualité. Ce sont les plus riches en oméga 3 et phospholipides. Ils disposent tous du label « pêche durable ». 

    La présence d’astaxanthine (caroténoïde) garantit la qualité de l’huile de krill et protège l’huile de l’oxydation. En revanche, sa teneur est trop faible pour prétendre à un effet anti-oxydant.

    ✔️ Un complément alimentaire de qualité devrait contenir :

    Huile de krill NKO ou Superba 1500mg

    675 mg/g de phospholipides

    375 mg/g d’oméga-3 totaux

    200 mg/g d’EPA

    90 mg/g de DHA

    75mg de choline

    0,5 mg : astaxanthine

    S’il contient moins de 40% de phospholipides, cela peut indiquer qu’il renferme également une huile végétale ou de poissons. S’il contient moins d’EPA et de DHA, cela peut signifier que de l’huile végétale ou de la lécithine a été ajoutée.

    Privilégiez le format gélules ou capsules dans un contenant opaque. Dans ce cas précis, la capsule à base de gélatine animale protège de l’oxydation. 

    Autres critères :

    -les méthodes d’extraction ;

    -la teneur en contaminants, ainsi que le degré d’oxydation (indice de peroxydes, indice anisidine et indice TOTOX < à 5) ;

    -huile de krill issue d’une pêche durable (écoresponsable)

    Lorsque l’huile de krill est produite par Aker BioMarine®, sous la forme des produits brevetés (Superba 2, Superba Boost et NKO), les critères précités sont remplis.

    Elle bénéficie des labels Friends of the sea® et MSC®. La pêche est donc contrôlée et son impact sur la population de ce crustacé est surveillé.

    ✔️ La complémentation en oméga 3 peut être souhaitable dans certains cas :

    • femmes enceintes 
    • personnes âgées
    • problèmes cardio-vasculaires (tension artérielle, taux de triglycérides élevé et morbidité associée) et inflammation
    • altération de la mémoire et prévention des maladies neuro-dégénératives
    • vision et prévention de la DMLA

    Selon l’ANSES, « les données récentes montrent que l’EPA et le DHA jouent un rôle dans le fonctionnement cérébral chez le sujet adulte et au cours du vieillissement et suggèrent un effet positif sur le maintien de la santé mentale(dépression, démence dont maladie d’Alzheimer), bien que d’autres études doivent confirmer et préciser les effets de ces acides gras ».

    ✖️Principales contre-indications :

    • Allergie aux crustacés
    • Troubles cardiaques ou sanguins (hémophilie, coagulation)

    ✖️Interactions médicamenteuses : administrée à plus forte dose (au delà d’1gr), l’huile de krill peut augmenter l’effet anticoagulant ou antiplaquettaire de certains traitements médicamenteux.

    ⚠️Il est donc conseillé de demander l’avis d’un professionnel de santé et d’un naturopathe certifiée, avant toute complémentation.  

  • Alimentation Paléo : faut-il revenir à l’âge de pierre pour être en santé ?

    Alimentation Paléo : faut-il revenir à l’âge de pierre pour être en santé ?

    On nous serine qu’il faut manger 5 fruits et légumes par jour. On ne compte plus le nombre de régimes alimentaires (céto, keto, yoyo). On lit tout et son contraire en matière de nutrition, mais qu’en est-il vraiment de nos besoins physiologiques et de notre santé globale ? Et si le secret de la longévité ne résidait pas tout simplement dans une alimentation simple et non transformée ?

    Un peu d’histoire et de biologie…

    Selon les partisans du « régime « paléo », l’Homme n’aurait génétiquement pas évolué assez vite pour être capable de métaboliser certaines molécules issues de l’alimentation moderne. S’il est reconnu que notre microbiote intestinal se modifie et s’adapte continuellement aux changements alimentaires et environnementaux, ce ne serait pas le cas des enzymes digestives déterminées par nos gènes (notre code génétique n’aurait évolué que de 0,02% selon les anthropologues).

    Au néolithique 10 000 av. J-C, date de la première révolution agricole, avec l’arrivée des céréales et des produits laitiers, la domestication des animaux et la sédentarisation, sont apparues certaines épidémies et maladies (maladies infectieuses et tumorales, malformations congénitales, maladies dégénératives du tissu osseux et pathologies dentaires).

    La généralisation des additifs alimentaires de synthèse, des pesticides et de l’agriculture intensive, avec la révolution industrielle du 19ème siècle, marquée par l’apparition des maladies de civilisations, a bouleversé nos habitudes alimentaires.

    Ce qui a fait dire à Stanley Boyd Eaton (anthropologue américain) que l’alimentation du paléolithique, la plus longue période de l’histoire humaine (3 Millions à 10.000 avant J-C.), serait LA plus adaptée à notre espèce. Originellement frugivore, l’alimentation des chasseurs cueilleurs est ensuite devenue omnivore à dominance carnivore.

    Si les scientifiques s’opposent sur la fréquence de mutations de notre ADN et la persistance de certains gènes (gène codant pour la lactase par exemple), ce qui est certain, c’est que nos habitudes alimentaires ont davantage changé au cours des 50 dernières années, qu’en l’espace de 5000 ans ! Or, on peut légitimement penser que notre capital génétique enzymatique n’a pas pu évoluer de façon analogue au cours de ces mêmes périodes.

    Certains organismes prédisposés par la génétique, ne s’accommodent pas de ces molécules inconnues de nos ancêtres de la préhistoire : les additifs alimentaires, les pesticides, les métaux lourds, les OGM, les perturbateurs endocriniens ou encore les molécules de Maillard issues de la cuisson des aliments.

    Ces molécules surchargent notre organisme, qui dans toute son intelligence biologique, les stocke en périphérie, dans nos tissus, loin des organes. Lorsque l’organisme est dépassé, ces surcharges sont à l’origine de phénomènes inflammatoires impliqués dans les maladies métaboliques (diabète de type 2, cholestérol…), auto immunes (basedow, polyarthrite rhumatoïde…) et dégénératives (cancer, Alzheimer…).

    Le « régime paléo » et son équivalent en France, le « régime ancestral » érigé au rang de « 3ème médecine » par le Dr Seignalet, a permis la disparition de certaines maladies chroniques, la prévention des maladies de civilisation et le soulagement de maladies auto immunes, sans parler de la disparition de symptômes annonciateurs, tels que les troubles gastro-intestinaux, le reflux gastrique ou les douleurs articulaires.

    Pour autant, qu’on se le dise, suivre ce régime est un défi digne des super-héros !

    La quasi-totalité des céréales, les produits laitiers, les pommes de terre, les légumineuses et les aliments transformés ne sont pas prévus au menu paléo ! La plupart d’entre nous aurait bien du mal à suivre ce régime à la lettre, à moins de voir sa santé véritablement dégradée.

    Mon régime paléo du troisième millénaire

    En quelques mots, il s’agit de revenir aux fondamentaux : légumes, protéines animales et graisses de qualité, du mouvement au quotidien et un mode de vie qui respecte notre rythme circadien…

    Protéines

    ✔️ Petits poissons gras (maquereau, sardines, hareng, truite, anchois, anguille, thon) crus ou cuits à moins de 110°, 2 à 3 x / semaine, à alterner avec poissons maigres (cabillaud, dorade, colin, sole…)

    ✔️ Fruits de mer (huitres, coquilles saint jacques et coquillages, type palourdes, coques et clams) et tartares d’algues

    ✔️ Œufs (plein air et d’origine biologique idéalement, consommés à la coque ou miroir, avec le « jaune coulant » lorsqu’ils sont extra-frais).

    ✔️ Viandes issues d’élevage de qualité (poulet fermier, viande rouge 100% nourrie à l’herbage…) ;

    ✔️ Protéines végétales (haricots secs, lentilles…) à titre ponctuel : une option intéressante pour varier les sources de protéines, à condition qu’elles soient pré-trempées* et bien tolérées.

    Privilégier le cru ou la cuisson douce à la vapeur (un couscoussier fait l’affaire !), au four à moins de 110° ou à l’étuvée, avec ajout d’un filet d’eau dans du matériel d’acier inoxydable, pour préserver la qualité nutritionnelle des aliments. Les matières grasses sont ajoutées post cuisson/à froid.

    *Pré-trempage et cuisson à l’eau bouillante permettent de réduire une partie de l’acide phytique et d’autres « anti-nutriments » pouvant interférer avec l’absorption de certains minéraux, notamment le fer et le zinc. 

    Le régime paléo, comme le régime Seignalet, exclut les produits laitiers animaux (laits de vache, brebis, chèvre, yaourts, fromages…). Toutefois, en l’absence d’intolérance (lactose, histamine, allergie (caséine, bêta-lactoglobuline) ou de maladie auto immune, les produits laitiers fermentés à partir de lait cru consommés à titre ponctuel, peuvent être intéressants pour le microbiote intestinal.

    Lipides

    ✔️ Huiles biologiques première pression à froid, huile d’olive extra vierge (Oméga 9) pour la cuisson légère ou en salade, huile de lin (Oméga 3), huile de noix ou huile de colza en salade (Oméga 6) (à conserver au réfrigérateur 3 mois maximum et à ne pas cuire, sauf huile d’olive). Huile de coco non désodorisée et ghee pour la cuisson à plus haute température ;

    ✔️ Graines oléagineuses (lin, chia, courge…), fruits à coque (noix du brésil, noix de Grenoble, noisettes, amandes, noix de cajou…) et fruits gras (avocat, olive, noix de coco) ;

    ✔️ Petits poissons gras (maquereau, sardines, hareng, truite, anchois, anguille, thon) et tartare d’algues riches en oligoéléments (kombu, kelp, laitue de mer, wakamé, dulse…) ;

    ✔️ Certains acide gras saturés issus de viandes 100% nourries à l’herbage (suif de bœuf, ghee, beurre au lait cru…) et certains acides gras saturés à chaine moyenne issus de l’huile de coco (C-8, C10 notamment) peuvent présenter un intérêt, selon le profil lipidique, sur la plan cellulaire et métabolique.

    ✖️ Les graisses saturées et trans issues des huiles raffinées, viennoiseries, pâtisseries, biscuits salés, sucrées, ou de viandes transformées (charcuterie) sont à éviter, voire à bannir, selon votre état de santé.

    Vitamines, minéraux, oligo-éléments et anti oxydants 

    ✔️ Légumes biologiques de saison (crucifères, légumes feuilles, légumes colorés…) crus, cuits (vapeur, à l’étuvée ou au four) à moins de 110° ou lacto-fermentés, selon la tolérance de chacun ;

    ✔️ Fruits biologiques de saison ;

    ✔️ Herbes aromatiques (persil, coriandre, mélisse, laurier, sauge, thym, basilic, romarin…la liste est longue !), aromates (ail, oignon…), épices (cumin, curry, curcuma, cannelle, clou de girofle, gingembre…)

    ✔️ Super aliments : pollen, graines germées, algues, jus d’herbes, légumes lacto-fermentés, baies….

    ✖️ Faux aliments (café, thé, alcool, sucre blanc raffiné…) et produits transformés, sont à limiter ou à bannir, selon l’état de santé de la personne.

    Les bienfaits du régime paléo 

    ✔️ Facilitation de la digestion : régulation du transit, réduction des fermentations (liées à l’excès de glucides) et des putréfactions (liées à l’excès de protéines). Gluten, lactose, protéines de lait peuvent être responsable d’inconforts digestifs.

    ✔️ Meilleure élimination des déchets par les émonctoires : normalisation de l’axe foie-intestins chargé d’éliminer les déchets colloïdaux (graisses et amidons) et des reins chargés d’éliminer les déchets acides (protéines animales et végétales en excès et faux-aliments)

    ✔️ Rééquilibrer du microbiote intestinal et restauration de la muqueuse intestinale : augmentation de l’apport en fibres (pour nourrir les bonnes bactéries) et en vitamines et minéraux biodisponibles (pour la réparation de la muqueuse intestinale), suppression des produits transformés et des additifs de synthèse, sources de dysbiose

    ✔️ Réduction de l’inflammation : moins de gluten, moins de produits laitiers transformés, et moins de produits transformés ou raffinés.

    ✔️ Perte de poids : moins de sucres et de glucides raffinés, moins de graisses saturées, plus de fibres.

    ✔️ Énergie stabilisée : moins de pics glycémiques, plus de flexibilité métabolique, plus de satiété, avec un apport de protéines de qualité et un apport en graisses de qualité.

    ✔️ Maintien musculaire : apport optimal en protéines pour la récupération et le développement musculaire.

    Conclusion

    L’alimentation paléo apporte indubitablement des bénéfices, notamment en favorisant des aliments naturels et non transformés. Cependant, en cas de perméabilité intestinale, inflammation, dysbiose, intolérances, infections ou troubles digestifs persistants, il est essentiel de se faire accompagner par un professionnel de santé et un naturopathe pour adapter l’alimentation à votre situation individuelle et éviter tout déséquilibre.

    Gluten, lactose, protéines de lait peuvent être responsable d’inconforts digestifs. Les protéines animales peuvent être indigestes chez certains, notamment en cas manque d’acidité gastrique. Les FODMAPs sont fermentescibles chez d’autres, d’où l’importance de se faire accompagner.